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Ce texte est une traduction non professionnelle, et donc approximative, du texte en Anglais.

Le 7e PCRDT,
vers un réel partenariat avec la société ?

Introduction

La Science et la technologie ont souvent été un facteur des plus importants pour les changements  de société. La plupart des développements se sont produits sans  trop de discussions politiques. Selon la stratégie de Lisbonne, la recherche et l’innovation scientifiques seront les forces qui poussent « la création de richesse », dans le cadre de « l’économie de la connaissance ».  Cette stratégie se veut destinée à ce que l’Europe soit en 2010, « l’économie basée sur la connaissance la plus compétitive du monde». Une telle approche soutien et juge  la recherche et l’innovation  à l’aune de leur capacité à  générer des profits et  non de leur capacité à rendre la société plus durable et plus saine à vivre. Les deux aspects ne sont pas mutuellement exclusifs, mais la question de la finalité de la science est soulevée lorsque celle ci devient de façon non critique un exercice pour faire de l’argent. 

Dans la mesure où il représente l’investissement le plus important  en recherche et développement de la communauté européenne, nous pouvons mettre en regard l’approche probable du 7e PCRDT, avec celle d’un programme différent, ayant pour but explicite une société créatrice, co-opérante, plus saine, plus pacifique et jouissant d’un environnement plus durable. Ce texte illustre une telle approche. Dans la mesure où le budget de R&D est destiné à doubler entre le 6e Et le 7e PCRDT, (de 17,6 Milliards € à environ 40 Milliards €), il est d’autant plus important de mettre en question les structures et les priorités.

Rien dans la science proprement dite ne rend ces priorités obligatoires. La science peut être gouvernée de différentes façons,  pour remplir différentes fonctions ; élargir notre compréhension du monde, pourvoir des experts et des données pour rendre la politique publique indépendante des lobbies économiques,  marchandise la nature et la connaissance, etc.…Ceux qui refusent un véritable débat sur les buts et les conditions de la recherche permettent de fait, la co-élaboration du programme de recherche par les intérêts économiques à court terme. Ouvrir un débat au niveau de la société, loin de restreindre la liberté des efforts scientifiques, ouvrira de nouvelle possibilité et des options qui ne sont pas liées à la recherche immédiate de profit.

 Nous pensons que les propositions actuelles en vue du 7e PCRDT donnent trop de pouvoir au lobby industriel et pas assez d’influence au large public européen au nom duquel cet argent est dépensé. Les forces du marché sont aveugles- la société a besoin de définir ses propres priorités et il n’y a pas d’autre lieu pour le faire que dans les institutions politiques: des processus participatifs, délibératifs et démocratiques sont essentiels pour définir les priorités de recherche. Nous croyons qu’un programme différent de recherche est possible, basé sur une vision différente du futur de la société.

Que sont susceptibles d’être les priorités du 7e PCRDT?

Les priorités du 7e PCRDT ne sont pas encore officiellement décidées, mais la situation la plus vraisemblable  est celle de la continuité avec les orientations du 6e PCRDT avec en plus la sécurité et l’espace, qui sont susceptibles de prendre une part importante du budget amélioré. Les priorités du 6e PCTDT sont, (en millions d’Euros)

·        Sciences de la vie et technologies de la santé.                  2514       

                  Génomique avancée et santé                           1 209       

                        Lutte contre les principales maladies  1 305     

·        Technologies de l’information                                                3 984    

·        Nanotechnologies et nanosciences                                         1 429    

·        Aéronautique et espace                                                         1 182    

·        Qualité et sécurité alimentaires                                                  753

·              EURATOM                                                             1 230      

·        Développement durable, changements globaux et écosystèmes. 2 329       

                        Systèmes énergétiques durables                       890     

                        Transports terrestres durables                         670       

                        Changements globaux et écosystèmes              769      

·        Citoyenneté  et gouvernance dans une société de la connaissance 247

Quel est leur but, quelle vision du futur sous-tendent elles ?

La vision du futur sous-tendue par ces priorités est celle d’une société conduite par la technologie et non pas celle  qui se focalise sur la nécessité de résoudre les problèmes de la société. Par exemple, si le 6e PCRDT avance une priorité « combattre les principales maladies », elle n’est envisagée qu’à travers le prisme de la génomique et de la biotechnologie. On peut se demander sil cette approche est la meilleure pour combattre la malaria et les entérites enfantines dans les pays en voie de développement ; est-ce qu’une approche génomique peut traiter les problèmes de comportement associés aux maladies sexuellement transmissibles,  à l’obésité, ou à l’alcoolisme, qui sont des causes majeures de maladies ? Cela ne semble pas vraisemblable car ces questions sont largement dépendantes de problèmes  multifactoriels, socio-économiques, où la vie sédentaire, la télévision, l’industrie agro-alimentaire, la grande distribution, la publicité et les inégalités sociales jouent un rôle important. En dehors de la toxicogénomique qui peut être un outil utile pour contribuer à détecter la toxicité des produits chimiques, la génomique semble surtout  adaptée au développement des test prédictifs, au bénéfice contestable et douteux, et qui excluent les approches intégrées et environnementales comprenant le style de vie et de nutrition. Sans un changement clair des priorités vers la santé environnementale et la prévention, les sciences de la vie dans la politique de recherche européenne, centrées sur la génomique et les biotechnologies, ne pourront pas faire face au défis majeurs de santé publique en Europe (telles que l’augmentation des pathologies chroniques comme le cancer, obésité ou les allergie).

Les nanotechnologies, une autre approche hautement réductionniste de la connaissance technique, sont destinées à dupliquer ces erreurs.

Les changements globaux de climat ont été décrits par le responsable scientifique du gouvernement britannique comme “encore plus sérieux que la menace de terrorisme”. En plus des efforts pour augmenter la part des énergies renouvelables dans la génération d’énergie, les recherches nécessaires pour réduire les dépenses d’énergie devraient être une préoccupation majeure en Europe. Et pourtant, le budget pour des énergies durables qui comprend un soutien inutile pour plus de recherche industrielles sur les énergies fossiles, et des projets lointains tels que les infrastructures à Hydrogène, laisse moins de 300 M€  pour les énergie renouvelables, soit moins du tiers de celui dépensé pour l’énergie nucléaire à travers EURATOM  ‘

L’énergie nucléaire représente le financement préférentiel depuis des décades,  et reste une technologie à haut risque, vulnérable en terme d’attaque terroriste ou de panne du système, aussi bien que posant des problèmes considérables en terme de gestion des déchets. Les recherches vers un rêve nucléaire lointain – la fusion dans ce cas- semble devoir continuer, avec la possibilité que l’Europe soit seule à financer le projet, ITER, ce qui aura des impacts probables sur les autres budgets du 7e PCRDT, même s’il s’en faut de plusieurs décades pour que la fusion puisse générer des quantités commercialisables d’énergie (si tant est qu’elle le puisse jamais). Or un rapport récent  de la conférence du G8 sur les changements climatiques dit qu’en matière de réduction des gaz à effet de serre, même un délai de 5 ans peut être significatif.

La contradiction fondamentale entre l’énergie nucléaire et la sécurité, un thème très vraisemblable du 7e PCRDT est irrésolue. En revanche le thème proposé sur la sécurité ressemble fort à une incursion de la pensée « défense et sécurité » dans l’industrie civile et à un soutien au marché des technologies de sécurité. Il y a un danger réel que la recherche sur l’espace  rompe la division salutaire entre recherches civiles et militaires, et qu’une implication militaire croissante de la R&D européenne rétrécisse encore la question de la sécurité, par une  trop grande emphase  donnée aux approches basées sur l’armement.

Il n’y a pas de tentative de rendre prioritaires les recherches sur les problèmes globaux européens de  pénurie d’eau, de santé publique,  ou d’une agriculture à bas apports (Il y a eu de petits  financements sur ces sujets dans le 6e PCRD, mais il faudrait un programme ambitieux dans le 7e pour une agriculture organique et à bas apports).

La domination d’une approche dirigée par la technologie semble fortement liée à la création de richesses obtenues en étant les premiers sur le marché mondial. Il y a une forte pression de la Commission dans ce sens. Particulièrement insidieuses sont les vues des gouvernements qui, comme le gouvernement britannique disent que « l’Europe devrait focaliser… l’essentiel du 7e PCRDT sur la compétitivité industrielle », et «  une vision à long terme de recherche et technologie devrait être établie qui reflète les priorités industrielles ». Pourtant, on a de bonnes raisons de penser que dans les domaines essentiels tels que les médicaments, la production et distribution d’aliments, la génération et distribution d’énergie et les technologies de l’Information, le contrôle du marché est déjà dominé par les grands groupes industriels au détriment de l’efficacité et du bien être de la société….

Les institutions européennes ont la réputation d’être essentiellement soumises au lobbying des intérêts commerciaux les plus puissants. Au lieu d’essayer d’équilibrer les besoins publics et privés, il est désolant que les gouvernements n’offrent qu’aux intérêts industriels la possibilité de structurer la manière dont l’argent public est dépensé en matière de science. Pas moins de 30% du budget a été dépensé pour subventionner la recherche industrielle (dont la moitié pour quelques multinationales). La commission parle du « triangle de l’innovation, la science, la société et l’économie » mais il n’existe aucun instrument permettant à l’Europe de répondre au besoins hors marché de la société civile et aux demandes des acteurs qui ne visent pas le profit (les ONG travaillant dans les domaines de l’environnement, du social, des logiciels lires, de l’agriculture alternative, des consommateurs ou des malades). Des instruments nouveaux de participation à la politique de la recherche ont été développés en Amérique du nord, et l’Europe est loin en arrière. Dans les dernières années, la société civile est devenue un lieu fondamental de connaissance, d’innovation et d’expertise : les ONG humanitaires mobilisent des chercheurs contre les maladies négligées, les organisations de malades et de victimes développent une épidémiologie populaire, et co-produisent des connaissances et des protocoles avec les scientifiques biomédicaux ; des chercheurs d’ONG de l’environnement ont proposé l’hypothèse, maintenant largement admise, que plusieurs classes de produits chimiques agissent comme des perturbateurs endocriniens ; des agriculteurs et des « amateurs » ont contribué à la conservation « in situ » des ressources génétiques ; les utilisateurs des logiciels libres contribuent à développer des innovations de logiciels.

Ces expériences montrent que l’innovation n’est pas limitée à des institutions professionnelles spécialisées mais peuvent émerger d’initiatives « venant du bas » de la société civile. Ne pas prendre en compte et augmenter ces nouvelles dynamiques de la société de la connaissance serait activement contre productif pour les aspirations européennes à une économie basée sur la connaissance. Dans une société de la connaissance européenne, la citoyenneté n’est pas uniquement l’accès à la connaissance (l’approche communication de la science), elle nécessite aussi l’accès à la production de connaissance.

Les priorités du 7ePCRDT ne sont pas encore fixées, mais le processus par lequel la Commission tirera ses conclusions, montre déjà des biais et des omissions.

Les suggestions pour les domaines thématiques seront présentées selon une variété de critères dominés par les perspectives du marché, la contribution à la compétitivité, les comparaisons internationales, et par les vues de l’industrie et de la communauté scientifique. On notera qu’aucun de ces critères ne portent sur la capacité à délivrer des biens sociaux ou sur une vision de la société civile.

Que pourraient être les priorités du 7e PCRDT?

·        Les changements climatiques et l’énergie

·        génération d’énergies renouvelables

·        outils d’efficacité énergétique

·        systèmes de transport efficaces et dépensant peu de carbonne.

·        Conflits et processus sociaux

·        prévention  et résolution  non violente des conflits

·        suppression des discriminations raciale et de genre

·         ??Verification technology on WMD???

·        Santé publique et bien être

·        S’attaquer aux principales maladies contagieuses par toute méthode utile.

·        Mécanismes pour atteindre les objectifs de santé publique.

·        Agriculture, utilisation de la terre et pêche.

·        Agriculture à bas apports. (Low-input)

·        Conservation du sol et maintien, y compris les impacts climatiques.

·        Utilisation responsable des ressources.

·        Resource efficient & clean production. (production propre et efficace(?)

·        diminution des gâchis

·        préservation de l’eau (en liaison avec l’agriculture)

·        consommation durable et styles de vie

·        .

·        Compréhension des systèmes

·        Amélioration de la compréhension des processus environnementaux liés aux changements climatiques et à la pollution industrielle ;

·        Modèles de systèmes durables à la fois du point de vue physique et social.

·       

·        Processus de recherche répondant aux besoins sociaux

·         Développer la liberté des échanges d’information scientifiques et de connaissance ouverte à travers de nouveaux instruments de propriété intellectuelle et l’accès ouvert aux publications scientifiques

·        Générer des mécanismes qui assurent une séparation claire et transparente des recherches et applications civiles et militaires.

·        Etudier les conséquences éthiques, sociaux, économiques et environnementaux de nouvelles technologies et produits en Europe en dans les pays du Sud.

Quel est le but de ces propositions alternatives?

Ces thèmes se focalisent sur certains des plus graves problèmes de la société. Certes, ils ne sont pas absents du 6e PCRDT,  et ne seront sans doute pas complètement absents du 7e, mais ils ne sont pas prioritaires. Ils sont abordés seulement du point de vue technologique, sans reconnaître que ces problèmes ont leur origine (parfois complexe) dans des aspects économiques et culturels du paysage social, que la technologie est impuissante à résoudre à elle seule.

 Plusieurs de ces priorités, telles l’agriculture et la résolution des conflits, soulignent l’importance de la localisation de ce programme de recherche, où la recherche répond aux besoins locaux, plutôt que de supposer que toute recherche se doit d’être applicable dans toute l’Europe.  Ce programme promeut  un accès libre  et large de l’information à cause du pouvoir de l’information scientifique, plutôt que sa restriction par des brevets et des revues scientifiques très onéreuses.

Plusieurs de ces avancées technologiques nécessitent l’apport explicite des sciences sociales pour comprendre comment l’innovation peut être apportée à la société de la meilleure et plus efficace manière. Par exemple la résolution des conflits est presque exclusivement un sujet sociopolitique. Les mesures de santé publique doivent commencer par la compréhension de la manière dont les gens envisagent leur propre santé  et comment les aider à utiliser les outils  (parfois technologiques) leur permettant de vivre une vie plus saine. La santé dépend souvent du style de vie ; des conditions de logement, du stress au travail etc. et la technologie peut ou non jouer un rôle dans le traitement de ces problèmes sous-jacents.

Cette série de priorités correspondrait à une vision de la société  future basée explicitement sur l’énergie durable, une agriculture durable, une politique de la santé qui met l’accent sur le bien être autant que sur les problèmes de santé, et l’accent sur la sécurité pour prévenir les conflits plutôt que de les traiter militairement.

Il n’y a rien de non scientifique dans cette vision  Mais les valeurs sous-jacentes y sont explicites, et ouvertes à la critique de tous ceux qui ont une idée de ce que la société devrait être. Le PCRDT actuel ferme la discussion en la réservant à des experts scientifiques et industriels qui veulent façonner le monde pour un domaine étroit d’intérêts.

L’Europe a maintenant l’occasion de saisir la chance d’une meilleure vision de ses citoyens, et de ceux du monde. Il n’y a pas de plus forte expression de nos espoirs et de nos aspirations pour le futur que celle que nous plaçons dans le financement de la recherche ; La Commission, avec le soutien des gouvernements devrait :

Rediriger les thèmes du 7e PCRD vers le social, l’environnemental et la santé publique, comme il est souligné dans ce document

Ouvrir le financement de la recherche au contrôle de la société, avec un petit pourcentage directement contrôlé par des communautés

            Réduire le contrôle par l’industrie des financements de la recherche à celui d’un parmi d’autres  acteurs de la société.